En effet, chaque peuple apparaîtra sur un fond de la même couleur que sa peau, ses habits, ou tout autre objet métonymique révélateur de son rapport à la spiritualité ou à l’esthétisme. De ces images presque monochromatiques, surgira, à travers la diversité des ethnies, leur singulière beauté. Le propos final, une fois exposés simultanément les visages de tous ces peuples, est de recréer les couleurs de l’arc-en-ciel, et d’écrire la « disparition des couleurs humaines de la terre ». La nature est parfaite et devrait le rester, si bien qu’aucune couleur de l’arc-en-ciel ne devrait être effacée. Il faut donc évoquer cette « roue des couleurs humaines », et éterniser ce moment encore harmonieux de notre histoire, avant l’inéluctable disparition de ces ethnies.

L’exposition n’est pas un reportage, c’est une œuvre, une mise en scène, en espace, en images, en couleurs, et une mise en mots : la (re)création des derniers Hommes de l’arc-en-ciel s’apparente à une trace ultime et poétique de notre présent, à un chant du cygne multicolore, ou encore à un « pont flottant », né du regard d’un artiste sur un réel prodigieux et évanescent, presque un mirage...

Nos objectifs : L’œuvre photographique engagée de Jaime Ocampo-Rangel aimerait nous permettre à tous de retrouver des valeurs humaines universelles : le partage, la créativité dans l’échange, la force qui en résulte, l’harmonie avec sa conscience, avec autrui et avec le cosmos.

En écrivant la disparition des « couleurs » de cette terre, l’oeuvre souhaite aussi mettre en lumière ce qui menace l’existence et la mémoire de ces peuples, lesquels irriguent dans l’ombre nos racines et donc notre identité. Enfin, ces photographies tiennent à rendre hommage à ces autres nous-mêmes, sous l’angle magistral de la dignité et de la beauté. Seulement aucune œuvre artistique ne peut exister seule : elle se construit dans l’échange, elle vit avec. Pour commencer, elle a besoin du soutien de mécènes et de partenaires.

Suivant l’exemple de la plupart des peintres qui fréquentaient Els Quatre Gats, Picasso se rend à Paris avec Casagemas, à l’occasion de l’Exposition universelle, en octobre 1900. Ils s’installent dans l’atelier laissé par Nonell au numéro 49 de la rue Gabrielle, près du Sacré-Coeur. Quelques jours plus tard, Pallarés les rejoint. Les trois amis trouvent à Paris une ambiance décontractée et euphorique grâce à l’Exposition et à la joie suscitée par le changement de siècle. Les relations humaines sont empreintes d’une plus grande liberté. Les artistes découvrent surtout une peinture nouvelle, plus colorée et révolutionnaire, moins littéraire et corsetée. […] Une lettre […] datée du 11 novembre montre que, malgré leurs bonnes résolutions, les amis consacrent leurs jours et leurs nuits à faire la bringue, au sexe et autres divertissements, ce qui explique la faible production de Picasso à cette époque. […] Devant les problèmes d’argent que leur vaut cette existence insouciante, les artistes décident de mettre de l’ordre dans leur vie et, après avoir vu leurs maîtresses, décident : « […] ni elles ni nous n’irions au lit après minuit ; que nous terminerions de déjeuner chaque jour avant une heure, et qu’après déjeuner nous nous consacrerions à nos tableaux et elles feraient les tâches propres aux femmes comme coudre, nettoyer, nous embrasser et se laisser bien peloter. Bref mon ami, c’est une sorte d’Éden ou d’Arcadie brute. » […]

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